Diversification des exportations et transformation structurelle au Maroc: Quel rôle pour les IDE1?

Par Safaa Tabit (Doctorante, Université Mohammed V Rabat-Agdal) et Charaf-Eddine Moussir (Doctorant, Université Mohammed V Rabat-Agdal)

http://d.repec.org/n?u=RePEc:pra:mprapa:76582&r=ara

Le débat sur le rôle de la diversification comme levier de développement économique a été marqué ses dernières années par un retour en force. Plusieurs raisons expliquent cette résurgence. La forte volatilité des prix de matières premières, associée aux crises des dernières années, a ralenti la croissance économique et a montré la forte vulnérabilité des économies nord africaines aux chocs et ce malgré leur faible niveau d’intégration aux marchés mondiaux, soulignant la nécessité de leur transformation structurelle (Nations Unies, 2013).

En effet, l’environnement économique international a connu au cours des dernières décennies des mutations profondes, à la faveur de la dynamique de la mondialisation. Il en a résulté une nouvelle topographie de puissances et de richesses, suite à l’émergence de nouveaux pays concurrents sur le marché mondial. Dans un contexte mondial fortement concurrentiel et en perpétuelle mutation, la recherche de la compétitivité est devenue un souci majeur et permanent aussi bien de la part des pays développés qu’en voie de développement. La question de la diversification n’est pas récente dans la littérature. Elle représente un enjeu majeur pour le développement économique. De nombreuses contributions économiques ont montré les avantages procurés par la diversification en termes de dilution des risques. Elle distingue deux formes de diversification des exportations: horizontale ou verticale[1]. Selon Taylor (2007), on parle de diversification horizontale des exportations lorsqu’il y a augmentation de la gamme des produits exportés, tandis que la diversification verticale se produit quand il y a une intensification et une sophistication des exportations existantes (Cottet N. & al, 2012). De même, Matthee & Naude (2007) décrivent la diversification horizontale comme une augmentation du nombre de biens et services exportables et la diversification verticale comme un changement de la structure productive d’une exportation des produits primaires à l’exportation des produits manufacturés. Le choix d’une option ou une autre dépend, toutefois, des priorités de croissance spécifiques à chaque pays, leurs dotations en ressources naturelles et leurs situations géographiques.

Afin de booster leurs exportations, les décideurs politiques ont tenté, entre autres, d’augmenter les flux des capitaux étrangers. Le lien positif entre IDE et performance des exportations est le résultat, essentiellement, de deux principaux canaux ; premièrement, les activités exportatrices des multinationales ; lorsqu’une multinationale produit des biens plus diversifiés que les firmes nationales/locales, ceci implique une plus grande diversification de l’offre exportable du pays hôte. Deuxièmement, les effets d’entrainement (Spillover effects) ; à travers le lien indirect avec les multinationales, les firmes locales acquièrent de nouvelles capacités ou des capacités plus avancées leurs permettant de produire et d’exporter des produits qu’ils ne pouvaient pas produire auparavant à cause d’un manque de capacités. Par conséquent, grâce à la diffusion des effets d’entrainement par des entreprises étrangères dans le pays d’accueil, les IDE peuvent stimuler la diversification des exportations (Alaya , 2012).

Ce travail a tenté d’identifier la relation existante entre flux d’IDE et diversification des exportations dans le cadre de l’économie marocaine sur la période 1980-2015. Les résultats de l’estimation, conduite par une modélisation en GMM, fait ressortir un impact positif des IDE et de la FBCF contrairement aux autres variables, en l’occurrence le revenu par habitant, le taux de change effectif réel, le taux d’inflation et la gouvernance. À la lumière de ces résultats, il serait intéressant pour le Maroc de s’orienter vers un régime économique favorisant la diversification par des mesures et des choix organisés et coordonnés. L’économie marocaine semble opérer un transfert vers des industries à plus grande valeur ajoutée. Ces dernières contribuent à l’amélioration des technologies et à l’accroissement de l’expertise technique du pays.

[1] On parle aussi de diversification extensive et intensive.

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